Il existe des vérités qui nous accompagnent en silence, même si nous tardons à les accepter. L'une d'elles est que nous ne commençons à vivre pleinement que lorsque nous cessons de vouloir ressembler aux autres et que nous osons être nous-mêmes. Parfois, ce qui nous manque, à nos yeux, est déjà en nous, mais nous l'avons oublié ou nous avons cessé de le voir.
Le corbeau des forêts
Au cœur d'une forêt ancestrale, où les arbres se dressaient comme des géants séculaires et où la lumière du soleil filtrait à travers les feuilles comme des fils d'or, vivait un corbeau. C'était un oiseau imposant, aux ailes larges, au plumage noir comme la nuit, et à la voix grave qui résonnait comme un écho ancien. Personne ne le craignait, mais personne ne s'approchait non plus. On l'observait de loin, comme si sa présence évoquait une tristesse, une incompréhension. Et il le sentait.
Chaque matin, le corbeau s'éveillait aux premiers rayons du soleil. Il secouait la rosée de ses ailes et se perchait sur la plus haute branche du vieux chêne. De là, il observait le monde. Son regard était toujours fixé sur elle : la délicate colombe blanche, dont le doux chant semblait apaiser l'air. Elle volait près du sol, entourée des animaux de la forêt qui l'admiraient et la célébraient. « Qu'elle est belle ! » s'exclamaient-ils. « Quelle paix elle apporte ! »
De son point de vue, le corbeau recula, non par envie, mais par un profond sentiment d'exclusion. Personne ne le trouvait beau, personne ne l'attendait, personne ne l'écoutait. Ses pensées s'alourdissaient de plus en plus.
Le désir d'être quelqu'un d'autre
Avec le temps, le corbeau commença à douter de lui-même. Il se mit à percevoir son ombre non plus comme une partie naturelle de lui-même, mais comme un fardeau. Il rêvait des ailes douces de la colombe, de sa lumière, de son chant. Alors, il prit une décision qui allait marquer sa vie : il essaierait de lui ressembler.