Vous utilisez ChatGPT régulièrement ? Une étude du MIT révèle ce qui arrive à votre cerveau après seulement 4 mois

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Leur activité cérébrale a été étudiée grâce à l’électroencéphalographie (EEG). L’objectif n’était donc pas simplement de comparer la qualité des textes obtenus, mais d’observer la manière dont le cerveau se mobilisait pendant leur rédaction. Et les premières conclusions soulèvent déjà des réflexions. À mesure que l’outil prend en charge une partie du travail intellectuel, l’utilisateur semble lui-même moins engagé dans la tâche. Les différences observées entre les trois groupes sont particulièrement intéressantes. Les participants qui rédigeaient leurs textes sans aucune aide numérique présentaient l’engagement cérébral le plus important. Ceux qui utilisaient un moteur de recherche se situaient entre les deux, tandis que les utilisateurs de l’intelligence artificielle affichaient les niveaux d’activité cérébrale les plus faibles.

Autrement dit, plus l’outil prenait en charge la recherche d’idées, la formulation ou la structuration du texte, moins certaines connexions cérébrales semblaient sollicitées pendant l’exercice. Cela ne signifie évidemment pas que ChatGPT « abîme » automatiquement le cerveau ni que toute utilisation entraîne un déclin cognitif. L’étude porte sur un nombre limité de participants et ses résultats doivent encore être confirmés par des recherches plus larges. Elle met néanmoins en évidence un phénomène assez intuitif. Lorsqu’une partie de l’effort intellectuel est externalisée, notre cerveau a moins de travail à fournir. Les chercheurs ont également constaté une différence du côté de la mémoire et de l’appropriation du contenu produit. Certains participants ayant utilisé l’IA éprouvaient davantage de difficultés à se souvenir précisément de ce qu’ils venaient d’écrire.

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Après plusieurs mois d’utilisation, l’effet pourrait persister même sans l’IA

Contre toute attente, quelques-uns avaient même du mal à citer une phrase issue de leur propre essai peu après l’exercice. Les auteurs évoquent alors l’idée d’une « dette cognitive ». Le principe est simple. Utiliser un outil pour alléger ponctuellement une tâche peut être très efficace, mais lui déléguer systématiquement les étapes qui nécessitent de chercher, organiser, formuler et mémoriser pourrait réduire l’investissement cognitif. C’est justement parce que trouver ses mots, hésiter, corriger une phrase ou construire soi-même un raisonnement demande un effort que ces opérations participent à l’appropriation d’une information. L’une des observations les plus étonnantes est apparue lorsque les chercheurs ont modifié les conditions de l’expérience.

Après plusieurs sessions réalisées avec l’aide de l’intelligence artificielle, certains participants ont dû reprendre l’exercice sans ChatGPT. On aurait pu imaginer que leur niveau d’engagement cérébral soit immédiatement similaire à celui des personnes habituées à travailler seules. Ce n’est pourtant pas ce qui a été observé. Leur activité cérébrale demeurait globalement moins importante que celle du groupe qui n’avait jamais bénéficié de l’assistance de l’IA. Une différence qui suggère que la manière dont nous nous habituons à accomplir une tâche pourrait compter autant que l’utilisation ponctuelle de l’outil elle-même. Faut-il pour autant fermer ChatGPT et ne plus jamais lui poser une question ? Les chercheurs ne vont pas jusque-là. Ces résultats restent préliminaires, concernent un échantillon restreint. Ils ne permettent surtout pas d’affirmer que quatre mois d’utilisation provoquent des dommages cérébraux durables. Ils invitent plutôt à réfléchir à notre manière d’utiliser l’intelligence artificielle.

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